Les Plateaux Lorrains

En bonne place dans son projet artistique, le Centre Dramatique de Thionville-Lorraine a inscrit l’obligation d’attention au milieu artistique lorrain.

Avec le soutien du Conseil Régional et du Conseil Général de la Moselle, nous offrons aux artistes de Lorraine un espace d’essai et d’innovation, de liberté artistique : les Plateaux Lorrains.

Pendant une semaine, trois porteurs de projet de spectacle ont les moyens humains, techniques et financiers de produire une maquette de leur création à venir, sous une forme qu’ils choisissent et mettent en œuvre. Soutenus par des artistes « parrains », ils les présentent deux fois, devant les professionnels qui, espérons-nous, poursuivront avec eux l’aventure.

La deuxième édition des Plateaux Lorrains a eu lieu les vendredi 3 et samedi 4 novembre 06. Le parcours s’est conclut par une collation conviviale partagée avec les compagnies participantes.

En partenariat avec le Conseil Régional de Lorraine & Le Conseil Général de Moselle

visuel de l'affiche >>

Cadavre Exquis >>
Marius >>

Compagnie Java Vérité
Direction artistique Julia Vidit

FANTASIO

De Alfred de Musset
Mise en scène Julia Vidit

Sous le parrainage de Denis Podalydès
Plateau de la Grande Salle

Interprétation : Charlotte Corman, Joël Helluy, Nathalie Kousnetzoff, Emmanuel Matte, Anthony Paliotti et Cédric Weber
Création costumes : Valérie Ranchoux, Réalisation des costumes Peggy Sturm,
Scénographie : Thibaut Fack, Administration Cyrielle Harang
Remerciements à Josette, Claudia, Vincent, Jean-Pierre et les autres.

Contact production :
Compagnie Java Vérité, 1 rue Saint Vincent - 57000 Metz, 06 10 10 45 72

L'époque de Musset est proche de la nôtre : la jeunesse et le théâtre s'agitent dans un entre deux siècle flottant. L'auteur veut écrire un conte, mais ses doutes l'emportent par la voix de Fantasio, qu'il fait voyager à vue dans toute la littérature.
Poursuivi par ses créanciers, le héros voudrait faire quelque chose.
C'est ivre, et prenant le rôle du Bouffon, qu'il entre et se cache dans la marche du monde, ici, très théâtral. La Princesse y vit dans une cage. Des Figures colorées (Roi, Prince, aide de camps, Gouvernante) piochées dans tout le répertoire classique, s'y débattent et arpentent les jardins du Palais.
Fantasio-bouffon fera vaciller la Cour jusqu'à la démolition du décor.
Ne reste que la porte ouverte du théâtre.
Qui porte le masque ? Comment ne pas devenir un bouffon ? Qui et qu'est-ce qui joue ?
Cette pièce est un terrain de jeu excitant pour nous tous.
Je tiens à remercier l’équipe qui m’accompagne dans cette première étape de travail.
"Il n'y a pas trop de magie pour rendre supportable le désenchantement du monde".

C'est ce que disait Musset.
J'aimerais remplacer le mot magie par celui, proche, de théâtre.
Julia Vidit

La compagnie Java Vérité vient d'être créée en Lorraine à l’initiative de Julia Vidit, originaire de la région. Elle rassemble des artistes venant d'horizons très différents pour travailler sur Fantasio, pièce questionnant le théâtre, la notion de vérité dans le jeu et en général.
Par ailleurs, la création de "Mon cadavre sera piégé." montage de textes de Pierre Desproges, mise en scène Julia Vidit, aura lieu à l'automne prochain, à la Scène Nationale de Mâcon.?

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Compagnie Ils sont magnifiques dans l’espace
Direction artistique May Bouhada

CADAVRE EXQUIS
le petit cerf


Ecriture & Mise en scène May Bouhada

Sous le parrainage de Jean-François Perrier
Petite Salle

Interprétation
Frida Kahlo : Caroline Marcadé
La Biche : Anne Sée

Scénographie : Nicolas Fleury
Création sonore : Raphaël Girardot
Création costumes : Virginie Alba
Régie générale et lumières : Rodolphe Martin

Contact production :
Christine Tournecuillert, 06 63 60 96 36, turnspoon@club-internet.fr

Il ne s'agit pas d'une pièce historique ou biographique. Il ne s'agit pas d'un montage de textes écrits de la plume de Frida, ou de témoignages.
Il s'agit d'une divagation.
C'est une fable originale et totalement irréaliste qui se revendique comme invraisemblable.

Pour mémoire, Frida Kahlo est une femme peintre mexicaine, épouse du peintre Diego Rivera, née en 1907, et décédée en 1954. Elle a souffert sa vie durant d'innombrables opérations à la suite d'un accident, dont elle est sortie miraculée à dix huit ans. Elle a continué de peindre, de vivre, de tourner son regard vers le monde. Mais toute sa vie, une immense souffrance physique et morale l'a accompagnée. Et sa peinture a cultivé l'autoportrait. Chez elle : du courage, de l'énergie, de la liberté. Beaucoup de folie, de fantaisie, de théâtralité. Femme politisée, engagée, femme artiste, et…femme révolutionnaire d'un point de vue artistique autant que politique, adoubée " surréaliste " par André Breton.
Un drôle de truc, cette étiquette, " surréaliste " : les rêves, les fantasmes, les jeux avec le langage ? Une forme de légèreté ?
Pour Frida Kahlo, ce qu'elle peignait n'était pas du jeu, il s'agissait d'exploration philosophique, d'autoportraits métaphysiques. Une question de survie. Dans un contexte intime de désintégration.
Et pourtant…elle développe des antennes vers le monde. Et se peint accompagnée de singes, d'oiseaux, de fruits. Elle semble paradoxalement plus libre, plus vivante que beaucoup : demeurent en mémoire son rire, son énergie.
Couleur et vaillance sont ce qui la caractérise en tant que femme, alors que sa peinture est sombre et déchirante.
Dans sa peinture, elle affronte directement ses pires cauchemars. Les enfants morts nés, la désintégration du corps, son martyre. Mais aussi la recherche d'une collusion avec le cosmos : être traversée par des racines, fusionner avec son mari, revenir à la nature première.
La peinture de Frida Kahlo a quelque chose de grinçant, de laid, aussi: c'est le frottement du réel, de ce qui est réellement éprouvé, mis à l'épreuve par l'artiste, et de la culture. C'est une peinture très référencée (icônes religieuses etc…) mais appliquée à des thématiques modernes : la souffrance physique et morale de l'individu, le désir et l'angoisse de la procréation, la place de l'amour et du désir.

Deux tableaux déclencheurs qui seront projetés sur écran aux spectateurs : "Le petit cerf" et "Le rêve"…où un squelette s'est endormi sur le ciel du lit de Frida.
Et puis un réservoir d'images possibles inspirées la peinture de Frida Kahlo.
Quand on s'écarte de son univers pictural, c'est pour revenir au moment présent. C'est pour revenir aux poulies, aux rampes, aux sièges, au plancher du théâtre. Aux spectateurs.

May BOUHADA, auteur et metteur en scène
Diplômée du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique en 1997, elle travaille depuis au théâtre. Elle joue sous la direction de Laurent Rogero, Jean-Yves Lazennec, Alain Milianti, Caroline Marcadé, Nicolas Ducron …

Metteur en scène :
Un fleuve en chaleur, un texte de Boudjema Bouhada maquette JTN, réalisation France Culture.
A la Feuille de rose, maison turque de Guy de Maupassant
La fantasque histoire de Jacquot dans la cave, de Benoit Giros au Théâtre du Jardin d'Acclimatation à Paris
L., de Caroline Marcadé créé en avril 2005 au CDR de Poitiers, et repris à l'automne au Regard du Cygne, en partenariat avec le Théâtre National de la Colline.

Auteur :
Esperam nous manquera (2002)
Le Poisson Zodiaque (2004)
C'est tellement bon d'être une femme (2005)
Enchères et en os (2005)

En Lorraine
Comédienne à la Mousson d'été en 1996
Depuis 2003, elle anime l'atelier de théâtre pour adultes amateurs au Carreau, Scène Nationale de Forbach (Moselle)
Elle donne depuis trois ans des ateliers à Frouard, au TGP, avec la Compagnie du Bredin (Laurent Vacher) pour des milieux amateurs de tous âges, et prépare pour cette saison encore une série d'interventions pour sensibiliser au théâtre et à l'écriture contemporaine.
Sa compagnie, Ils sont Magnifiques dans l'espace, est maintenant implantée en Lorraine.

(extraits)
LA BICHE
Vous entrez dans la chambre des malades et vous vous raccrochez aux plis des draps froissés, aux murmures par-delà la fenêtre, à la fleur pliée, déjà fanée dans le verre d'eau.
Vous entrez dans la chambre du mourant, et le temps pèse sur l'espace. Vous cherchez l'arrêt, le repos.
Mais ils sont plus vivants que les vivants! Chacun de leur souffle est un songe, un appel de vie.

Un temps.

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MARIUS

De Marcel Pagnol
Mise en scène Emmanuel Patron

Sous le parrainage de Pascal Rambert
Théâtre en Bois

Interprétation
César : Alain Durand
Marius : Arnaud Le Glanic
Fanny : Delphine Zingg
Scénographie Elsa Soibinet, Collaboration à la scenographie & Régisseur plateau Philippe Barbier, Régies : Plateau Matthieu Schneider, Son Sofi Ooms, Lumières Yannick Schaller
Remerciements pour leurs conseils artistiques à Laurent, Vincent et Pierre

Contact production :
Emmanuel Patron, 06 16 02 51 77, emmanuel-f.patron@laposte.net
Chateaudun créateurs - IN FACT DENSITé, 51 rue de Chateaudun, 75009 Paris

J’ai déjà eu l’occasion de diriger Delphine et Arnaud. En revanche, il s’agit de ma première collaboration avec Alain. Nous partageons tous le même plaisir à travailler ensemble ; je crois que nous nous sommes trouvés sur le plateau.

La mise en scène ne vient pas d’idées. Il y a un cadrage, des propositions de ma part, et ensuite je tiens compte de ce que les comédiens proposent comme processus émotionnels et relationnels.
Nous travaillons beaucoup sur les objectifs des personnages et les moyens physiques que les personnages trouvent pour les réaliser.

A plusieurs moments, le geste est premier et ouvre la parole. Ce n’est plus la parole qui annonce une nouvelle, mais elle accompagne le geste qui lui permet d’exister.
Delphine aime que le visage du comédien soit pris en “flag” émotionnel sur des passages où le dialogue s’arrête.
Arnaud pense que les désirs sont souvent contradictoires. Il tient à ce que César pose à Marius une vraie question : “Es-tu ou non amoureux de Fanny? Je veux t’entendre me le dire!” et que l’échange entre eux ne soit pas couru d’avance.
Alain s’enthousiaste aussi sur la difficulté du travail qui consiste à ne pas “jouer une idée de ce qu’est la pièce de Pagnol” mais à chercher des vrais conflits, les obstacles réels et du coup aussi, la vraie sensualité qui n’est jamais coupée des enjeux de la vie.
La sensualité naît au contraire des moments de dépassement de l’obstacle.

Constantin Stanislavski et Antoine Vitez, tous deux metteurs en scène, ont montré que la langue et l’action ne s’opposent pas. Ils ont contribué ainsi à empêcher l’invasion des discours écran destinés à constituer des façades de protection entre les interlocuteurs plutôt qu’à les relier par une sincère recherche de communication.

Emmanuel Patron

Emmanuel Patron
Il a déjà mis en scène les Scènes Provençales, Germania 3, Paysage avec viande. Il écrit et joue également. Il donne aussi des cours de théâtre.

Découpage des scènes

Acte 1 - Scène 3
Fanny et Marius s’appellent et se parlent. Fanny minaude un peu puis César s’inquiète de ce que Marius offre le café à Fanny. Marius s’en offusque. César lui dit qu’il doit continuer à lui obéir sans râler.

Acte 2 - Scène 4
César dit à Marius qu’il devra se marier un jour. Un bon commerçant doit se marier. Il faudrait qu’il y pense bientôt car Panisse (commerçant aisé de 50 ans, maître voilier) a demandé Fanny en mariage à sa mère.
César pense que Marius s’est énervé contre Panisse qui courtisait Fanny, car il aime Fanny. Il devrait aller lui demander sa main le lendemain. Marius réplique qu’il ne peut pas se marier car il doit épargner une femme qu’il a aimée et qui l’aime encore. Elle souffrirait s’il se mariait.

Acte 2 - Scène 6
Marius avoue à Fanny sa folie de la mer. Il s’est engagé à embarquer sur un bateau qui part vers les îles. Fanny lui avoue alors qu’elle l’aime depuis toujours. Elle veut le retenir. Il avoue alors qu’il a longtemps hésité, tiraillé entre son amour pour Fanny et son désir du large. César est réveillé par des marins, il descend. Marius entraîne Fanny dans sa chambre pour que son père ne la voie pas dans le café si tard.
Il promet de la raccompagner.
On comprendra ensuite qu’ils ont dormi ensemble.

Dans cette pièce, il y a présence d’une dramaturgie exemplaire qui permet une finesse émotionnelle des interactions. Il n’est pas question d’actes spectaculaires mais au contraire de micro-conflits qui auront des conséquences importantes une fois accumulées.
La présence du large est toujours là, évoquée, suggérée. Il se frotte aux personnages par la terrasse, le port, les marins.

Qu’en est-il des quatre compagnies présentes l’an passé pour la première édition des Plateaux Lorrains ?

• la Compagnie Echo, direction artistique Christine Koetzel, avec "L'Inquiétude" de Valère Novarina :
le spectacle a été créé au Théâtre de la Manufacture, joué du 11 au 21 octobre 06. Il est maintenant proposé en tournée.
Contact : C. Guizzard, La Strada et Cies, 06.60.43.21.13.

• la Compagnie Pardès Rimonim, direction artistique Bertrand Sinapi, avec "Jeanne la Pudeur" d'après le roman de Nicolas Genka : spectacle présenté du 28 au 30 novembre 06 au Théâtre du Saulcy à Metz et du 5 au 9 mars 07 au CCAM-Scène Nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy
Contact : Delphine Boutaud, 06.88.76.85.08.

• la Compagnie Astrov, direction artistique Jean de Pange, avec "Roméo et Juliette" de Shakespeare : Astrov poursuit sa résidence au Théâtre de Lunéville. Au printemps prochain, Jean de Pange y mènera un chantier consacré à " la vie et l'oeuvre de Serge Gainsbourg" (création Avignon Off 2007).
Pour la saison 2006-2007, il projette d'adapter "Ivanov" de Anton Tchekhov. Parallèlement, Jean de Pange poursuit son cursus au sein de l'Unité Nomade de formation à la mise en scène. Cette saison il travaillera notamment avec Kristian Lupa et Jean-Pierre Vincent.
Contact : Cécile Bouquet, 06.63.82.12.41.

• la Compagnie Osmosis, direction artistique Ali Salmi, avec "Autoroute du Soleil" d'après la bande dessinée de Baru :
En résidence de création à EnCourS (Villeurbanne), Ali a pu finaliser ses choix artistiques, fixer son équipe autour de cette pièce chorégraphique et vidéographique en espace public. Les premières représentations auront lieu à partir du 28 avril’07 sur le bassin de Forbach, dans le cadre de Luxembourg 2007.
Contact : Ali Salmi, 06.72.28.68.36.



En marge des Plateaux Lorrains :

Le vendredi 3 novembre après-midi, dans le Foyer du Théâtre, s’est déroulée une rencontre professionnelle organisée avec le soutien de l’ONDA sur le thème :
« MAQUETTES DE SPECTACLE : À QUOI ÇA SERT ? À QUI ÇA SERT ? ».
Plus de quarante personnes, -responsables de structures, compagnies, diffuseurs...-, étaient présentes à cette occasion.

‘Maquette’, ‘présentation’, ‘étape de travail’, ‘laboratoire’, ‘show case’ : les dénominations fleurissent pour désigner ces formes légères, au goût frais –et prometteur– d’inachevé. Cependant des questions se posent sur les objectifs, les finalités et les conditions de réussite de ces "bouts d'essai". Nous proposons aux artistes et compagnies, responsables de structures, représentants de l’Etat et des collectivités territoriales de croiser leurs expériences, leurs contraintes et leurs attentes.