INTRODUCTION

Google  

LE SITE DE THIONVILLE

Pour bien comprendre le développement des fortifications successives d’une ville, il convient, avant d’aborder les facteurs politiques et techniques (évolution de l’armement) de considérer la physionomie de son site car c’est de la configuration initiale du sol que découle son mode d’occupation et son adaptation.

Thionville est située dans la vallée de la Moselle, à l’endroit où celle-ci opère un coude, adoptant une direction SO-NE après avoir été orientée N-S. La plaine alluviale, de quelques mètres à peine au-dessus de l’étiage, est disposée en paliers successifs, s’élevant insensiblement jusqu’au pied des côtes, aurait pu décourager l’installation de l’homme.

En effet, la nature peu élevée des terrains permettait leur inondation fréquente de telle sorte que s’était constituée une vaste étendue marécageuse que les premiers occupants à l’époque néolithique avaient craint, s’installant à l’écart des marais, sur les parties les plus hautes de la plaine. De même, le cours d’eau faisant de nombreux méandres, on observe encore de nos jours une grande quantité d’étangs qui témoignent de l’ancien cours de la rivière (Manom, Basse-Ham).

De ce facteur répulsif est née la vocation défensive de la ville historique qui prend place sur la rive gauche, où nous trouvons une terrasse moins facilement inondable que les alentours. La Moselle formait alors un fossé difficilement franchissable, tandis que le sol spongieux et inconsistant entourant l’agglomération en compliquait les approches. Relevons encore l’absence de toute forêt.


LA SITUATION DE THIONVILLE : UN CARREFOUR

Thionville se développe sur une zone de passage, la vallée mosellane, en transition avec un élément topographique bien déterminé à l’Ouest : le Plateau et son talus. Thionville se situe dans la partie de la région lorraine déterminée par le relief de cuesta ou de côte.

L’alternance de dureté des couches secondaires sur lesquelles reposent Thionville (calcaire-argile) ont donné un relief accidenté bien particulier à la suite du dégagement par la rivière. Thionville se situe dans la région déblayée, la dépression, tandis qu’elle se voit dominée par les abrupts constitués de roche qui constituent la « côte ». La surface de la couche dure s’incline en pente douce vers l’Ouest et forme comme le dénomme les géologues un revers, dit plus couramment plateau.

Ce plateau est connu localement sous le toponyme de Plateau d’Angevillers. Les altitudes décroissent de 420 m au bois de la côte à 380 m à Rochonvillers. Il est profondément découpé dans la partie nord par un système de vallées parallèles au talus qui le limite à l’Est (Molvange, Dudelange).

En avant de la côte, et appartenant aux mêmes terrains géologiques, subsistent des collines isolées épargnées par le déblaiement de l’érosion, les buttes-témoins, qui signalent par leur présence l’ancienne implantation du plateau à cet endroit. Au NNO de Thionville, nous trouvons le Schwerenberg (268 m) et une colline plus familière des Thionvillois, la colline de Guentrange (318 m) qui domine la ville de 200 m.

Sur la rive droite, nous relevons également une série de reliefs avec talus rattachés à la côte de la Nied, de formation géologique différente et de puissance nettement moindre que la côte de Moselle. Exception notable : la colline d’Illange. Elle constitue le pendant de Guentrange sur la rive droite : ce vis-à-vis s’explique par l’existence d’une faille qui a engendré le fossé où s’est engouffré la Moselle.