L’EPOQUE MODERNE : DE LA FORTIFICATION VERTICALE A LA FORTIFICATION RASANTE


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LES PAYS-BAS, BOURGUIGNONS PUIS ESPAGNOLS

Le Luxembourg est pris en main par la rigoureuse administration bourguignonne. Dès Charles le Téméraire, les contours des futurs Pays-Bas se dessinent, l’administartion centrale se fixe à Lille (Cour des comptes), à Bruxelles et à Malines (Cour de Justice). Le moment est important : le Luxembourg appartient de moins en moins à l’Empire.

Alors que la Lorraine, échappée aux desseins du Téméraire, maintient difficilement une quasi-indépendance pour être finalement ralliée à la France, alors que la Confédération suisse, par son opposition congénitale aux Habsbourgs, s’éloigne de plus en plus de l’Empire, les Pays-Bas, dix-sept provinces que ni les langues, ni les institutions, ni les alliances de famille ne prédestinaient à l’union, sous l’emprise bourguignonne, relâchée un moment lors de graves démêlés avec Maximilien d’Autriche, mais renforcée patiemment ensuite sous Charles Quint, s’engagent sur une voie différente, celle d’une unification largement respectueuse des particularités régionales, sauvegardant au sein du cercle bourguignon l’appartenance officielle à l’Empire, mais en fait dirigés par des princes supranationaux, européens (Charles Quint), espagnols (Philippe II) et ses successeurs jusqu’à l’annexion française de 1659 pour Thionville.

Porte d’entrée des Pays-Bas en venant d’Espagne par la Franche-Comté, de France par la Lorraine, d’Allemagne par la rive gauche du Rhin et la vallée de la Moselle, le pays de Luxembourg est en butte aux exactions tant de ses défenseurs que de ses envahisseurs. Thionville constitue un de ses points forts avec Montmédy, Damvillers et Luxembourg : passées aux mains des Habsbourg en 1477 avec l’héritage bourguignon et se trouvant désormais impliquées dans le conflit opposant la dynastie habsbourgeoise et les Valois, toutes deviennent des forteresses de plus en plus élaborées, où s’exerce l’art des meilleurs ingénieurs militaires (Traybach, van Oyen, Louvignies pour l’Espagne, Vauban pour la France) de manière à ce qu’elles puissent tenir en cas de siège mené dorénavant par une armée royale disposant de pièces d’artillerie.

Thionville en a gardé des vestiges de bastions, de casemates, de pont-écluse qu’elle utilise comme valeurs touristiques.

LA TRANSFORMATION DE LA PLACE MEDIEVALE

Un élément important intervient à partir du XIVe Siècle et la Place de Thionville, si achevée qu’elle ait été pour son temps, ne peut manquer de subir des transformations dans une optique plus « rasante » : ce nouveau facteur, c’est l’artillerie. Symboliquement apparue lors de la Bataille de Crécy (1346), la suprématie est acquise en 1495 lors de la campagne d’Italie du roi Charles VIII au travers de l’emploi du boulet métallique plein au détriment de l’ancien boulet de pierre.

Les modifications de Charles Quint (1542-1546)

La première moitié du XVIe Siècle est dominée par l’affrontement entre Charles Quint et François Ier. Longtemps cantonnée dans la lointaine Italie, leur lutte s’étend à nos régions à partir des années 1540 : entre 1542 et 1544, les Français enlèvent à plusieurs reprises des places comme Ivoy, Arlon et s’emparent même par deux fois de la ville de Luxembourg. C’est dans ces années de menace que les fortifications sont refondues.

Les prémisses de l’adaptation de la place aux progrès de l’artillerie et de la guerre des mines, avec courtines épaulées et élargies de terre (remparage) afin d’augmenter leur résistance et grosses plate-formes d’angle (ébauche du bastion) sont déjà à relever en 1531 lorsque Charles Quint, dans un acte d’avril 1531, nous apprend que les Thionvillois ont consenti à de fortes dépenses pour moderniser leur rempart au travers du bolwerck érigé sur la Moselle : il s’agit de l’apparition du « boulevard » (remparage généralisé autour de l’enceinte)

Le gros travail de transformation débute cependant à partir de 1542. On procède au remparage : ce bouclier de terre va prendre le nom d’escarpe. On aménage au sommet un terre-plein et on esquisse des bastions d’angle (évolution du système fortifié très explicite sur le Plan Deventer). Une partie du château dont l’intérêt défensif est désormais inexistant, est rasée; les fossés sont élargis. Le nouveau rempart suscite la démolition de nombreuses maisons de particuliers, la destruction du cloître des Augustins afin d’aménager la grande plate-forme des Augustins (futur bastion du Luxembourg), la destruction de certaines vieilles tours. Les deux portes de la ville sont refaites.

Tous ces travaux de fortification ne peuvent être assurés par les franchises urbaines : seul l’Etat peut désormais prendre en charge les dépenses occasionnées.

L’ouvrage reste cependant insuffisant. Dès l’été 1544, le conseiller d’Etat, Corneille Sceppers, écrit à l’empereur : la place est sans flancs, le terre-plein est trop étroit, le parapet pas assez haut mais la ville est si bien située qu’elle mériterait d’être agrandie et surtout mieux fortifiée qu’elle ne l’est à présent. Cette suggestion est d’autant mieux suivie qu’en 1552, le roi de France Henri II s’empare de Metz, Toul et Verdun et que Charles Quint en personne échoue à reprendre Metz : Thionville est désormais un bastion avancé de l’Etat hispano-bourguignon face aux Français.

Le gouverneur Mansfeld fait élever plusieurs plates-formes qui ne sont toujours pas achevées en 1554. Cinq plates-formes sont prévues en tout : Augustins, Metz, Noblesse, Porte-Basse et Rivière. Sur ces cinq plates-formes, quatre sont lancées, celle de la Rivière est encore sur le papier.

CHARLES QUINT (1500-1558)

Fils de Philippe le Beau, archiduc d’Autriche, et de Jeanne la Folle, reine de Castille, Charles Quint est né à Gand le 24 février 1500. Investi dès sa naissance du titre de duc de Luxembourg, il devint souverain des Pays-Bas à sa majorité en 1515 et hérita, à la mort de Ferdinand le Catholique (1516), des couronnes de Castille, d’Aragon, de Naples et de Sicile, dont dépendaient de vastes colonies en Amérique. Elu à la tête du Saint Empire (1519), il gouverna un immense territoire sur lequel jamais le soleil ne se couchait.

La situation prépondérante et menaçante de l’Espagne provoqua une série de guerres avec la France (1521-1529, 1536-1538, 1539-1544) marquées par le désastre de Pavie (1525) et le sac de Rome (1527). Le Luxembourg eut beaucoup à souffrir de la dernière guerre : Thionville ne se rendit jamais au contraire de la forteresse même de Luxembourg.

En 1542, une armée française, commandée par les ducs Charles d’Orléans et Claude de Guise vint assiéger la forteresse de Luxembourg qui dut capituler le 1er septembre. Neuf jours plus tard, elle retomba aux mains des Impériaux conduits par René de Nassau. Le 10 septembre de l’année suivante, elle dut capituler à nouveau et le 28 septembre, le roi de France François Ier en personne vint en prendre possession. Dès décembre 1543, les Impériaux revinrent à l’attaque de la forteresse, mais ils durent se replier. Enfin, en été 1544, le siège fut mis à la ville par une armée impériale commandée par Ferdinand de Gonzague et le comte de Fürstenberg et la cité capitula le 5 juin.

La paix fut provisoirement rétablie par la signature, le 18 septembre 1544, du traité de Crépy.

Charles Quint poursuivit la guerre contre la France sous Henri II. Il résigna ses pouvoirs en 1556 au profit de son fils, le futur Philippe II, et de son frère Ferdinand.


Ces travaux ne sont pas exempts de problèmes. Ainsi certaines plates-formes accablant la muraille de soutènement, des piliers sont ajoutés en 1555 mais il faut selon les cas procéder finalement au déchargement des plates-formes. Le gouverneur Quaderebbe fait toutefois terminer en 1558 les deux gros ouvrages donnant sur la Moselle. En sorte qu’à la veille du siège de 1558 par François de Guise, Thionville est curieusement à mi-chemin entre la forteresse médiévale et la forteresse rationnelle du XVIIe siècle.


Le visage de la place forte en 1558

Le périmètre fortifié adopte le tracé du trapèze, la Moselle flanquant la base. La muraille est « remparée » de terre sur une grande épaisseur, certaines grosses tours de l’enceinte médiévale ont été englobées dans le remparage ou dans les grosses plates-formes d’angle où se loge l’artillerie. Des cinq plates-formes prévues en 1544, deux semblent puissantes sur le côté de la Moselle. Entre ces deux plates-formes, la courtine est percée d’une poterne permettant d’aller à la Moselle (une troisième porte) mais Quaderebbe a commencé à couvrir cette poterne d’un petit bastion ou ravelin, qui peut de son tir prendre en enfilade le pied de la courtine qui regarde la rivière.

Toutefois, une erreur de grandes conséquences : la Tour aux Puces, située entre la Moselle et la nouvelle plate-forme des Augustins n’a pas été rasée. En dépit de son imposante architecture de pierre et de son chemin de ronde à créneaux, elle n’a ni ouvertures pour faire passer les tubes des canons ni charpente pour y loger les canons; un petit souterrain la relie à la place. Elle va servir de tremplin aux Français pour approcher plus facilement la grosse plate-forme voisine et entraîne la capitulation de la Place.

L’ENCEINTE BASTIONNEE

La Paix de Cateau-Cambrésis (3 avril 1559) rend Thionville à l’Espagne. Philippe II, tirant les enseignements du siège de 1558, décide d’en parfaire la défense. D’où les projets multipliés à cette fin : le Mémoire de Thomas Mameranus en 1561, le recueil du duc Philibert-Emmanuel de Savoie, le plan dit El desino de Thionvilla attribuée à l’ingénieur Jean van Noyen (ou van Oye) et daté de 1568. Résultats : en un peu moins d’un demi-siècle, la place abandonne sa forme pentagonale pour adopter celle en demi-cercle telle que le siège de 1643 nous le fait connaître.
Bien avant Vauban (dès le milieu du XVIe Siècle), les ingénieurs des pays de plaine comme la Flandre, la Hollande, l’Italie du Nord, mettent au point tout le système de la fortification classique : Thionville en bénéficie.
Le nouvel art de la fortification consiste à rationaliser toutes les modifications évoquées précédemment car les boulevards sont totalement démunis de flanquement vertical. L’apparition des plates-formes au niveau des angles donne la solution : ce sont elles qui vont assurer cette fonction en devenant les bastions. Chaque bastion a deux faces et deux flancs : les faces sont destinées à l’action lointaine, les flancs surveillent le fossé jusqu’aux faces des bastions voisins. Il n’y a aucun angle-mort si le tracé du système bastionné est bien fait et la présence des orillons aux extrémités des faces facilitent la chose.


Le profil du nouveau rempart comprend de l’extérieur vers la place :

Nous assistons à une véritable extension en profondeur sur le terrain de l’emprise des fortifications. Par la suite, s’inséreront dans le fossé entre le corps de place et le chemin couvert de nouveaux ouvrages : la demi-lune, les tenailles, les contre-gardes...

PHILIPPE II (1527-1598)

Fils de l’Empereur Charles Quint et d’Isabelle de Portugal, Philippe II a 28 ans lorsqu’il succède à son père dans le gouvernement des Pays-Bas et du duché de Luxembourg (1555) avant de devenir roi d’Espagne un an plus tard (1556). Sa filiation maternelle lui permet de devenir roi de Portugal en 1580. Ayant fait la paix avec la France par le traité de Cateau-Cambrésis, il confia le gouvernement général des Pays-Bas à sa demi-soeur Marguerite de Parme et se retira en Espagne. Mais, très attaché au catholicisme, il soutint après la mort d’Henri III (1589), les ligueurs français contre les protestants et Henri de Navarre jusqu’en 1598 (traité de Vervins).

C’est sous Philippe II que s’élaborèrent toutes les études qui aboutiront dans la première moitié du XVIIe S. à l’érection de l’enceinte bastionnée de la ville de Thionville.

Les travaux de fortification de 1559 à 1643

Le gouverneur Bernard de Schauenbourg nomme Martin Langlet superintendant et contrôleur des ouvrages de Thionville. Après une phase de réparations dans une place mis à mal, on s’attelle au renforcement et à l’amélioration du système fortifié. Le Mémoire de Thomas Mameranus adressé au roi Philippe II en 1561, note que le rempart du côté de la Moselle n’est pas encore achevé et qu’il manque de consistance.

En janvier 1567, le roi Philippe II nomme gouverneur et capitaine général des Pays-Bas le duc d’Albe (1507-1582), sinistre personnage de l’histoire de la Belgique en raison de sa dureté et de sa cruauté contre les Provinces révoltées (il demeura à cette charge jusqu’en 1573). Son entrée aux Pays-Bas, le duc d’Albe la fit par Thionville, où il arriva avec ses troupes le 3 août 1567. Il y passa trois jours: il estima les fortifications mal dirigées (comme celles de Luxembourg, d’ailleurs, où il vint après son départ de Thionville).
Il procéda après son arrivée à Bruxelles à des consultations sur les plans de fortification de Thionville et de Luxembourg. C’est le plan de l’ingénieur flamand Jacques Van Noyen dressé en mai 1568 qui est retenu, à savoir une enceinte hexagonale irrégulière protégée à chaque recoin par un bastion : six grands bastions à orillons marquent les angles de l’hexagone, le septième flanque, à peu près en son milieu, la longue courtine adossée à la Moselle.

Deux grandes phases ponctuent la reconstruction des fortifications. Une première tranche se déroule entre 1596 et 1607 et voit une transformation considérable de Thionville tandis qu’entre 1630 et 1635, Antoine des Fossez, complète le dispositif. Entre ces deux dates, la Guerre de Trente Ans (1618-1648) a été déclenchée.

Le périmètre fortifié est considérablement élargi : la place s’aggrandit vers le Nord-Ouest. Entre les limites de la vieille ville (dont les remparts et les fossés disparaissent) et celles de la nouvelle enceinte apparaît un grand espace vide, la nouvelle ville, espace réservé quasi exclusivement à des fins militaires mais aussi à deux établissements religieux, les couvents des Augustins en 1622 et des Capucins en 1627. L’intérieur de la forteresse s’inscrit dans le trapèze formé par l’allée Poincaré, le boulevard Foch, l’avenue Clemenceau et la Moselle.

Le renforcement de la place s’opère dans la première moitié du XVIIe Siècle. La courtine faisant face à Manom (terrains du Niederfeld - l’actuel quartier des Basses-Terres) est couverte par un nouveau élément de fortification, l’ouvrage à corne, tandis que les autres courtines reçoivent des demi-lunes. Enfin, un petit ouvrage en demi-lune est installé sur la rive droite de la Moselle.

Elaboré par les ingénieurs hollandais, l’ouvrage à corne est conçu, comme son nom l’indique, par deux saillants triangulaires et des ailes (flancs). il a pour rôle de projeter en avant du corps de place un front bastionné afin d’occuper un terrain qui donnerait aux assaillants des vues trop dangereuses : comme la courtine de la Moselle (mais protégé par la rivière même), celle de Manom est d’une longueur inhabituellement grande : les bastions qui la délimitaient ne la flanquaient qu’en partie.

Le système de fortification à la veille du siège de 1643

La place-forte est considérablement transformée par rapport à 1558. Les grands bastions sont nés (boulevard de la cloche, boulevard de Metz et boulevard de Luxembourg, boulevard « glisse », boulevard de Parme, boulevard du Roi).

Le système comprend, outre les 6 grands bastions d’angle :

un demi-bastion couvrant la courtine sur la Moselle, quatre demi-lunes, chaque demi-lune couvrant la courtine entre les deux bastions,
un grand ouvrage à cornes remplaçant une demi-lune entre les deux bastions tournés vers Manom,
un grand système de fossés périphériques ceinturant l’ensemble des bastions et demi-lunes du côté de la terre ferme, avec contrescarpes, glacis et palissades ou chemin couvert, la Moselle servant de base à l’hexagone fortifié et remplaçant sur ce côté le fossé.

LE SIEGE DE 1643 : LES PROTAGONISTES

Le 17 juin 1643, un des grands généraux de l’histoire de France, Louis II de Bourbon, duc d’Enghien (futur prince de Condé surnommé le Grand) mit le siège devant Thionville : il venait de s’illustrer dans les Ardennes en remportant la bataille de Rocroi contre les Espagnols et leur célèbre infanterie, les tercios. Thionville fut défendu par le général Beck qui y était arrivé la veille. Par une ruse de guerre, il réussit à faire entrer dans Thionville encore 2000 soldats de la garnison de Luxembourg. Il dut néanmoins se rendre le 8 août de la même année. La nouvelle de sa capitulation provoqua consternation et amertume à Luxembourg. Seize ans plus tard, la séparation devint définitive par le traité des Pyrénées (1659). Thionville avait appartenu au Luxembourg pendant plus de cinq siècles.

Ces deux hommes sont appelés à se recroiser : c’est contre Condé que Jean de Beck perdit la bataille de Lens (le 20 août 1648) au cours de laquelle il fut blessé. Ne voulant pas survivre à cet autre échec, Beck, refusant de se faire soigner, mourut deux jours plus tard à Arras, où Condé l’avait fait conduire dans son propre carosse.

Jean de Beck naquit en 1588 et embrassa le métier des armes en 1619. Par sa valeur et son intelligence, il sut se hisser aux plus hauts rangs. En 1632 ou 1633, il fut nommé général-major par Wallenstein et commandant de la garnison de Prague en 1634. Ayant rompu avec Wallenstein, il arriva à Luxembourg en été 1635. Sa loyauté envers la maison d’Autriche lui valut d’être anobli par lettres patentes de l’empereur Ferdinand II (1619-1637), le 25 février 1634; l’empereur Ferdinand III (1637-1657) le créa baron le 18 avril 1637. L’année suivante lui fut confiée, à titre intérimaire, la charge de gouverneur et capitaine général du Pays Duché de Luxembourg et Comté de Chiny; sa nomination définitive date du 18 janvier 1642. L’année précédente, il avait été nommé maître de camp général de l’armée. Un des bastions de la Ville de Luxembourg, construit en 1644, garde son souvenir.

Louis II de Bourbon, Prince de Condé, fils de Henri II de Bourbon et de Charlotte-Marguerite de Montmorency, naquit en 1621 et se voua au métier des armes à l’âge de 17 ans. D’une haute culture, brillant esprit et habile tacticien, il s’illustra contre l’Espagne par ses victoires de Rocroi (1643), de Fribourg (1644), Nördlingen (1645) et Lens (1648) : ce fut l’un des grands généraux puis maréchaux de Louis XIV avec Turenne.

Après avoir pris part aux troubles de la Fronde et s’être un moment allié à l’Espagne, il fut remis en possession de son commandement lors du traité des Pyrénées (1659) et se distingua durant les guerres de Dévolution et de Hollande. Bossuet prononça son oraison funèbre (1686).

L’ENGAGEMENT MILITAIRE FRANCAIS EN EUROPE : 1624-1715

La prise de Thionville en 1643 marque le début de la pression de la France sur le duché de Luxembourg. Après la prise de Montmédy en 1657, les troupes françaises s’emparent sous le règne de Louis XIV de la ville et forteresse de Luxembourg (1684) : le Luxembourg allait rester une province française pendant 14 ans, jusqu’au 20 septembre 1697, date de la signature de la Paix de Ryswick, qui rendit le Luxembourg à l’Espagne. En fait, elle s’inscrit dans la grande tendance du XVIIe Siècle : le hissement du royaume de France au premier rang des puissances européennes tant militaire que culturel. Nous parlons d’ailleurs de Siècle français.

Sous l’impulsion successive des cardinaux Richelieu (1585-1642) et Mazarin (1602-1661), la France entreprend la lutte contre l’Espagne et la Maison d’Autriche afin de briser son encerclement avant d’établir son hégémonie en Europe avec le roi Louis XIV (1638-1715). De là, une longue suite de guerres qui jalonnent la période et qui permet au pays de repousser les frontières du Nord et de l’Est de plusieurs centaines de kilomètres en avant.

Richelieu engage la France dans la Guerre de Trente Ans contre les Habsbourg. Il fait occuper dans les Alpes la Valteline (1624-1625), puis, en Italie du Nord, les villes de Mantoue et Pignerol (1630) avant d’occuper le duché de Lorraine (1633) et de déclarer la guerre à l’Espagne (1635), guerre qui permet de conquérir l’Artois (prise d’Arras en 1640) et le Roussillon (1642).

Triomphant de l’Autriche, Mazarin met fin à la Guerre de Trente Ans (1648) puis impose à l’Espagne le traité des Pyrénées (1659) qui donne à la France, en plus de l’Artois et du Roussillon, le sud du duché de Luxembourg conquis. Cardinal de Richelieu, Principal ministre de Louis XIII de 1624 à 1642 entre 1643 (prise de Thionville) et 1657 (prise de Montmédy). Il arbitre enfin la paix du Nord (1660-1661) qui rend l’indépendance au duché de Lorraine mais après la perte de territoires dont le pays de Sierck.

Roi dès l’âge de cinq ans (1643), Louis XIV se révèle monarque absolu après la mort de Mazarin (1661) et a pour ambition d’imposer la prédominance française sur le continent. Son règne personnel (1661-1715) est marqué par la guerre : guerre de Dévolution qui se déroule contre l’Espagne aux Pays-Bas et qui permet l’annexion d’une grande partie de la Flandre (traité d’Aix-la-Chapelle, 1668); guerre de Hollande donne la Franche-Comté (traités de Nimègue, 1678-1679) puis les guerres de la Ligue d’Augsbourg (traité de Ryswick) et de Succession d’Espagne (traités d’Utrecht - 1713 - et de Rastatt -1714).

Louis XIV, roi de France (1643-1715)

LES INGENIEURS FRANCAIS ET THIONVILLE : LA RIVE DROITE

Le renforcement de la rive gauche


Sur la rive gauche, les Français renforcent dans un premier temps les courtines par des tenailles puis vers 1695, s’esquisse un nouveau périmètre fortifié, plus grand, à travers l’implantation de lunettes et une deuxième ligne de glacis, mais ces lunettes demeurent en terre. La place s’intègre alors dans le système conçu par Vauban (1633-1707), Commissaire général des fortifications depuis 1678, Le Pré Carré, c’est-à-dire une barrière de places militaires couvrant le royaume.

La grande mesure prise par les Français à Thionville au XVIIe Siècle est l’établissement en 1673 d’un pont fixe sur la Moselle, marquant un grand tournant dans l’aménagement de la place.

Il faut alors établir un ouvrage sur la rive droite pour le protéger.

Conçu comme une projection du corps de place, l’élément bastionné adopté est un ouvrage à cornes, le second de la fortification après celui situé entre les bastions de la courtine de Manom. Dès lors, la rive droite entre dans l’emprise du système défensif, qui y est appelé à prendre de plus en plus d’importance.

L’extension du périmètre fortifié sur la rive droite


A partir du XVIIe S., l’agrandissement du périmètre de la place forte constitue un atout de la fortification. En effet, en agrandissant le périmètre, on oblige l’ennemi à multiplier le nombre de terrassements et, par là-même, le nombre d’assiégeants.

Vauban préconise dans un mémoire en 1705 la création d’un camp retranché sur la rive droite de la Moselle englobant les deux Yutz (Haute- et Basse-Yutz) du fait des grands développements possibles dans la campagne environnante. Sorte d’excroissance de la ville, vaste, bien pourvu en troupes, mais médiocrement fortifié, son étendue considérable aurait interdit à l’ennemi l’investissement total de Thionville. Son projet reste lettre morte (le seul exemple de camp retranché bien conservé se trouve à Givet-Charlemont : il s’agit du camp retranché des Monts d’Haurs).

La possibilité d’une guerre contre l’Autriche, et donc, de voir un siège imposé à Thionville amène Louis XV à s’assurer à partir de 1725 de la bonne défense de la place forte (Metz bénéficie des mêmes attentions). Le camp retranché immobilisant pour sa défense d’importantes troupes, il est décidé par économie d’agrandir la place elle-même en multipliant les dehors.

Dans l’optique de donner le plus de commandement possible à la place, nous assistons, en l’espace d’un quart de siècle, à l’accroissement de l’étendue de l’enceinte sur la rive droite à travers la constitution de deux couronnes qui sont, en fait, deux variantes de l’ouvrage à corne-type.

Entre 1727 et 1735, les ingénieurs Tardif et Duportal construisent la première couronne en intègrant l’ouvrage à cornes existant: il s’agit de la Double Couronne de la Moselle (son emplacement est occupé depuis la fin du XIXe Siècle par les gares ferroviaires de voyages et de marchandises) : cet ouvrage comprend deux bastions, deux demi-bastions, trois demi-lunes, des contreforts et une ligne de glacis. La couronne couvre entièrement le front de la Moselle sur la rive gauche. Son dispositif est vite renforcé par la présence de deux lunettes (la rive gauche bénéficie au même moment de six nouvelles lunettes complétant et achevant la dernière ligne de défense).

Mais c’est avec l’action de Cormontaigne à partir de 1744 que l’ensemble fortifié de la rive droite est rendu quasi imprenable. A l’ingénieur est associé son oeuvre, le Couronné d’Yutz (1745-1752) qui est un ouvrage avancé en direction des hauteurs de Haute-Yutz. Le Couronné se présente en trois grands bastions, deux courtines protégées par des ouvrages en tenaille, deux demi-lunes...et les fossés, contrescarpes, ligne de glacis... : il agit comme une contregarde de la Double Couronne.

Né vers 1696 à Strasbourg, nous trouvons Louis de Cormontaigne aux sièges de Landau et de Fribourg à la fin de la Guerre de Succession d’Espagne (1713) comme ingénieur volontaire. Il entra dans le Corps du Génie en 1715 et, après avoir résidé dans sa ville natale jusqu’en 1726, il assista de 1733 à 1745 aux sièges les plus mémorables dans les Guerres de Succession de Pologne et d’Autriche. Il passa par tous les grades et parvint à celui de maréchal de camp; en cette qualité, il fut directeur des fortifications des places de la Moselle.

Après la paix d’Aix-la-Chapelle (1748), il améliora les systèmes défensifs de Thionville et de Metz. Il fit construire dans cette dernière place les forts de Belle-Croix et de Moselle et appliqua dans ces deux ouvrages ses principes sur la fortification, dans le droit fil de Vauban. Le couronné de Yutz est postérieur aux ouvrages messins.

Il meurt en 1752 à Metz.

Cormontaigne laissa un grand nombre de manuscrits recueillis par un capitaine du Génie, Bayard, qui le sfit publier : Mémorial pour l’attaque des places (1806), mémorial pour la fortification permanente et passagère (1809) Cormontaigne décide également, bien que non prévu à l’origine, de faire creuser un canal entre la Double-Couronne et le Couronné pour dévier une partie des eaux de la Moselle en crue (la dernière inondation de 1740-1741 avait endommagé les ouvrages). Les passages d’entrée et de sortie lors de la traversée des fortifications sont protégés par le dispositif du pont-écluse; dispositif qui consiste en un pont-couvert à plusieurs arches munies de herses pour interdire le passage des embarcations mais surtout de barrage à hauteur réglable pour inonder fossés et glacis alentour. Leur construction débute en 1746. A la mort de Cormontaigne en 1752, les ponts-écluses sont achevées ainsi que le canal entre ces deux ouvrages. Sa disparition entraîne le quasi abandon du creusement du canal : à la veille de la Révolution, il sera encore ajouter de nouveaux tronçons.

Ce canal forme de fait une île occupée par la Double-Couronne mais qui laisse à droite et à gauche du système bastionné deux grands terrains désignés île supérieure et île inférieure par rapport à leur position sur le cours de la rivière. Dès la conception des travaux, le besoin a été senti d’occuper ces îles par des ouvrages défensifs. Mais aucun des projets conçus au long du siècle n’a eu d’exécution. Cormontaigne avait notamment projeté l’érection de deux redoutes (voir ci-dessous). Les seules fortifications de ces îles jusqu’à la période révolutionnaire consistent dans le rempart bordant le canal.

La rive gauche bénéficie également d’importants travaux entre 1727 et 1732 : tous les bastions et toutes les demi-lunes bénéficient de contregardes tandis qu’une troisième ligne de défense surgit avec la construction de sept nouvelles lunettes et le revêtement des quatre lunettes en terre précédentes par de la maçonnerie, la nouvelle auréole totalise onze lunettes.

La seconde moitié du XVIIIe Siècle est dominée par l’ingénieur Pierre Filley. Il améliore les capacités défensives de Thionville par la multiplication de magasins d’approvisionnements. Pour ce faire, Filley fait élever dans l’intérieur des bastions du corps de place (les six bastions de l’enceinte primitive) des cavaliers retranchés. Leurs parapets sont percés par un grand nombre d’embrasures tandis que sous ces cavaliers il fait pratiquer de grands souterrains voûtés à l’épreuve des bombes. Une des principales conséquences de ces modifications est le changement des flancs des bastions, jusque là à orillons, en de simples flancs droits.

ASPECTS EVOLUTIFS DE THIONVILLE DURANT LA PREMIERE MOITIE DU XVIIIe SIECLE

Au début du XVIIIe siècle, la place forte occupe avant tout la rive gauche, lieu historique de la ville, héritage de la transformation de l’enceinte médiévale à la suite de la crise du boulet métallique initiateur de la fortification bastionnée.

Toutefois, depuis 1673 et l’installation d’un pont fixe, la rive droite est désormais l’objet de l’attention des ingénieurs : présence d’un ouvrage à corne.

Thionville bénéficie de la mise au point de Vauban au niveau de l’enceinte du corps de place (rive gauche). Il a fait échelonner deux enceintes à partir d’une seule pour augmenter la résistance (3e système) : les bastions ont été dédoublés au moyen de la construction de réduit.

D’autre part, quatre lunettes en terre (non représentées) sont levées pour assurer une première défense.

1725

A partir de 1727 sous l’action des ingénieurs Tardif et Duportal, Thionville bénéficie d’importantes modifications qui changent totalement la physionomie de la place forte.

Leur première action s’illustre par le triplement de l’ouvrage à corne de la rive droite qui devient la Double Couronne. Celle-ci se caractérise par deux bastions, deux demi-bastions et trois demi-lunes : un véritable front bastionné qui s’étend le long de la rivière couvrant totalement la courtine de la rive gauche.
1730

Après l’abandon du camp retranché projeté par Vauban (mobilisateur de troupes), le renforcement de la place forte passe par la multiplication d’éléments situés en dehors du corps de place et perfectionnant le système défensif.
L’année 1731 voit la construction d’ouvrages extérieurs sur les deux rives : les bastions et les demi-lunes sont munis de contregardes.
1731

L’année 1732 est celle de l’agrandissement du périmètre de la place forte avec l’érection d’une auréole de lunettes au nombre de 13 (onze sur la rive gauche, deux sur la rive droite). Une deuxième ligne de glacis est créée.
La rive gauche atteint à ce moment-là son apogée : elle n’obtiendra plus de nouveaux éléments jusqu’à sa destruction en 1902. La rive droite connaît également une pause, mais d’une dizaine d’années seulement, jusqu’à l’arrivée de l’ingénieur Cormontaigne.
1732

En 1744, Cormontaigne décide de construire un ouvrage avancé en direction des hauteurs de Yutz : il s’agit d’une nouvelle variante d’un ouvrage à corne, le Couronné.
Nous trouvons à nouveau deux ailes mais au lieu de deux saillants, nous avons à faire à trois bastions, qui plus est, ces bastions sont à angle droit alors que tous les bastions précédents de la place forte étaient à orillons.
Situés dès l’origine à distance, la Double Couronne et le Couronné devaient être reliés par deux courtines défendues avec deux demi-lunes mais le risque encouru des crues de la Moselle comme durant l’hiver 1740 amène Cormontaigne à intégrer l’eau dans la défense de la place forte par la construction de deux ponts écluses sur le canal de dérivation au niveau de sa traversée des fortifications.
1753

Thionville, noeud routier Thionville : place-forte carrefour
Thionville, placée sur la frontière du Nord-Est de la France, se trouve en première ligne face aux invasions. Elle en tire toute son importance.
Située entre Metz, Luxembourg et Sarrelouis - et presque à égale distance des deux premières villes (une journée de marche) - elle est exposée à être attaquée aussitôt en cas de guerre par la facilité qu’a l’ennemi d’organiser ses équipages soit à Luxembourg soit à Trêves. Elle est surtout destinée à empêcher l’ennemi de se présenter directement devant l’importante place de Metz, non point par l’importance de sa garnison ( qui a toujours été faible et ne pouvait entreprendre de ce fait rien de bien sérieux) mais par sa position de carrefour.
Toutes les grandes voies de transport qui conduisent à Metz se réunissent à Thionville : la chaussée de Luxembourg tout d’abord, la chaussée de Sierck et de Trêves ensuite, puis la chaussée de Sarrelouis. L’ennemi doit nécessairement tâcher de se rendre maître de Thionville, ou au moins d’empêcher, par un blocus sérieux, les sorties que la garnison ferait pour le harceler et l’inquiéter dans ses marches. Mais, soit qu’il entreprenne le siège de Thionville, soit qu’il en fasse le blocus, le but est atteint : Metz est garantie d’une attaque immédiate, peut achever de s’approvisionner et compléter ses moyens de défense.
La communication de Metz et Thionville peut s’effectuer au XVIIIe Siècle par deux manières :

LES CAMPAGNES REVOLUTIONNAIRES ET IMPERIALES

L’infrastructure de la place-forte est pleinement utilisée durant plus de vingt années.
Comme « gîte d’étape » tout d’abord, sur les lignes de communication qui traversent toute l’Europe. En tant que place-forte surtout. Elle soutient trois sièges durant cette période : en 1792 contre les Autrichiens, en 1814 et en 1815 contre les Prussiens.

Les premiers chocs de la guerre déclarée par la France à l’Autriche en 1792 sont désastreux pour la région. En première ligne,Thionville voit arriver devant ses murs le duc de Brunswick le 18 août 1792, Longwy est investie deux jours plus tard (20 août) mais est abandonnée par sa garnison le 23 ouvrant la voie à l’invasion en profondeur : Verdun, en deuxième ligne, est cernée dès le 30 août et capitule le 2 septembre.

Thionville, bien défendue par le Général de Wimpfen et une garnison ardente dans laquelle figure le lieutenant Lazare Hoche, soutient le siège. La présence d’une troupe d’émigrés avec à sa tête le Comte de Provence (le futur Louis XVIII), les menaces, les bombardements des 5 et 6 septembre ne découragent pas les défenseurs qui tiennent bon jusqu’au 16 octobre 1792 : à cette date, ils sont débloqués grâce à la victoire de Valmy (20 septembre), à laquelle avaient participé les troupes de la garnison de Metz, sous le commandement de Kellermann. « Ayant bien mérité de la Patrie », la ville recevra en 1920 par le Président Raymond Poincaré la Légion d’honneur pour cette résistance : la Légion d’honneur n’existait pas encore à l’époque du siège - il faut attendre 1802 et Bonaparte - mais avant tout le contexte de 1920 explique cette manifestation, à savoir Thionville et l’Alsace-Lorraine sont redevenus français depuis deux ans - il s’agit de marquer le coup.

Thionville ne subit à nouveau le feu qu’une vingtaine d’années après, lors des revers de Napoléon. A deux reprises (1814 et 1815), les Prussiens l’assiègent : la reddition de Thionville n’intervient dans les deux cas que sur l’ordre de Paris. La défense est particulièrement marquée par la présence du Général Hugo, père du grand poète.

PROMENADE AUTOUR DU SYSTEME BASTIONNE A LA RECHERCHE DE SES VESTIGES

La place forte thionvilloise, au terme de son aménagement à la moitié du XVIIIe Siècle, rend les plus grands services lors des célèbres sièges de 1792, 1814 et 1815...avant que l’apparition du canon rayé au milieu du XIXe Siècle (1859) ne vienne à nouveau remettre en question les principes qui avaient présidé à son élaboration.

La rive gauche

Lors du démantèlement des remparts à partir de 1902, seuls furent conservés à titre de témoins les bastions de Metz, actuellement de la République, et de Saint-François, actuellement bastion du Luxembourg. Les urbanistes allemands qui élaborèrent les plans d’extension de la ville ont réservé les zones proches de ces deux constructions à la plantation d’espaces verts, vocation qu’ils conservent puisqu’ils jouxtent directement les parcs Wilson (bastion de la République) et Napoléon (bastion du Luxembourg).

Le bastion de la République (Bastion I) est celui qui demeure le plus intact, même si le fossé qui longeait la muraille est comblé et si l’un des orillons a été rasé en 1960 lors de la rectification du tracé du quai Crauser.
Il reste plusieurs éléments architecturaux intéressants : le bastion en lui-même, recouvert de son briquetage rouge, la contre-garde sur laquelle est installée une scène de théâtre et, entre les deux, un mur batardeau qui sert à empêcher les eaux de la Moselle d’envahir les fossés, ce mur étant coiffé par une guérite en pierre, la Dame, construit dans le but d’interdire à l’ennemi d’utiliser la crète du mur pour franchir le fossé.

Le bastion du Luxembourg a quant à lui été reconstruit en pierre et a été sérieusement diminué lors de la création de la gare routière et de l’agrandissement du rond-point durant les années 60.

La rive droite

La Double-Couronne de la Moselle a entièrement disparu suite à l’installation des infrastructures ferroviaires. Néanmoins le Couronné de Yutz (époque 1746-1752) demeure un très important témoin du système bastionné même si des aménagements ont pu le dénaturer.
Des promenades sont possibles dans les fossés (comblés) entre escarpes et contrescarpes mais la percée Sud et l’implantation de la résidence ouvrière Cormontaigne ont mis à mal le bastion I dit de Haute-Yutz et la demi-lune voisine.
vue 1 prise dans le fossé entre le flanc Ouest du bastion II et la demi-lune : incursion du fossé entre le bastion (limite droite) et la tenaille (limite gauche)
Les photos ci-contre ont été prises depuis le fossé qui entoure le bastion II et l’itinéraire a consisté à le longer depuis la percée Sud jusqu’à la Porte de Sarrelouis en passant derrière la demi-lune qui se situe entre les bastions I et II.
vue 2 prise dans le fossé longeant le flanc Est du bastion II.
La nature y est prépondérante : les arbres ont poussé sur les parapets et dans les fossés qui seuls semblent être l’objet des soins des services municipaux : les fossés, aménagés en promenade, sont régulièrement tondus.
vues 3 et 4 prises dans le fossé à l’endroit où apparaissait l’ancienne tenaille située entre les bastions II et III sous deux angles différents.
vue 5 prise dans le fossé au niveau du flanc Est du bastion II avec, à l’extrême droite, la Porte de Sarrelouis.
Le Couronné de Yutz dans l’Entre-Deux-Guerres Les photos suivantes, toujours prises à partir du fossé, concernent les demi-lunes. La première et la seconde portent sur la même demi-lune située entre les bastions I et II, demi-lune qui a subi des modifications lors de la réalisation de la Percée Sud. Les vues sont prises sur les côtés non endommagés : d’une part, un côté en son entier dont le flanc regarde Yutz et, d’autre part, le même flanc mais au niveau de l’angle qu’il fait avec la base. La demi-lune de la Percée Sud

La troisième photo traite de la demi-lune située en face de la Porte de Sarrelouis mais du côté du bastion II : il s’agit d’une représentation identique à la photo précédente (un côté et la base). La demi-lune de la Porte de Sarrelouis

Un autre élément intéressant subsistant de l’enceinte du XVIIIe Siècle, ce sont les deux ponts-écluses enjambant le canal. Ce canal avait été construit dans le but d’éviter tout risque d’inondation, comme il traversait les fortifications à hauteur des remparts, son entrée et sa sortie furent barrées par ces deux ponts.

Le pont-écluse Nord a perdu sa superstructure supérieure; le pont-écluse Sud, au contraire, a été restauré par la municipalité de Thionville.
La Porte de Sarrelouis a également fait l’objet de l’attention des services de la commune.