Historique de la Tour aux Puces

 

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De jadis à nos jours

Ancien donjon du château des comtes du Luxembourg, la Tour aux Puces a été construite au XIème ou XIIème siècle. Une Tradition locale rapporte que l'origine du nom de la tour rappellerait le fait qu'une princesse prisonnière y aurait été dévoré par les puces.

Étymologiquement il pourrait s'agir d'une tradition fautive du luxembourgeois "Peetzturm" (la tour au puits) ;"Flohturm" pourrait aussi provenir de la déformation de "Fluhrturm" (la tour de pierre) ou "Fliehturm" (la tour refuge").

Des historiens ont essayé de prouver que les fondations de l'édifice dateraient du IXème siècle, mais elles sont contemporaines des murs; seuls 2 blocs de pierre de réemploi, décorés de feuilles d'acanthe, sont typiques de la période carolingienne.

A partir de 1292, elle devient le siège de la prévôté et l'intérieur est aménagé. Les planchers originels en bois sont remplacés par des structures en pierre s'appuyant sur le mur de refend élevé à la fin du XIVème siècle ou au début du XVème siècle. La cheminée du premier étage porte les armoiries du prévôt Jean IV de Raville ( 1418-1461)  et un linteau celles de sa famille. Une clef de voûte est décorée aux armes de Wirich de Créhange, gouverneur du 1548 à 1587.

Après le siège de 1558, la tour prend une vocation militaire. L'intérieur est remanié : les pièces voûtées et le bel escalier à vis reposant sur un arc, que l'on connaît actuellement, remontent à cette époque .Elle est transformée en magasin d'artillerie puis servira de prison militaire au XVIIIème siècle. Utilisée par le Génie au XIXème siècle, elle est touchée par les bombardements lors du siège de 1870.

L'ancien donjon  est dégagé des remparts lors du démantèlement des fortifications en 1903 puis fait l'objet d'une restauration : réouverture de fenêtres, pose de créneaux pseudo-médiévaux...A partir de 1905, elle abrite un musée d'histoire et d'archéologie. Elle est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 11 mai 1932.

Fortement endommagée durant la seconde Guerre Mondiale, elle connaît une nouvelle campagne de restauration qui aboutit à la réouverture du musée en 1966.

La Tour aux Puces est un bâtiment particulièrement original : reposant sur une base circulaire, elle comporte 14 cotés. Un seul autre bâtiment polygonal de ce type est connu en France (église de l'Assomption à Rieux-Minervois, Aude, XIIème siècle). Les ouvertures ont été pratiquées à diverses époques du XIème - XII ème siècle jusqu'au XXème siècle , elles témoignent de nombreux réaménagement de l'édifice. Les boulets de pierre ( XVe-XVIIe )et en fonte (XVIIIe-XIXe) incrustés dans les parements , rappellent les sièges que la tour a connus.

La grande variété de provenance des matériaux de la façade, très inhabituelle dans l'architecture médiévale du Nord-Est, crée un effet de polychromie des plus agréables que le ravalement de façade va remettre en évidence. 

Les récentes études du 20ème siècle à nos jours.

Le plus célèbre des monuments thionvillois, la Tour aux Puces, n'avait pas connu de ravalement depuis son dégagement des remparts en 1903.C'est à ce moment là que furent réouvertes certaines fenêtres et rajouté le couronnement de créneaux.

La ville de Thionville a pris la décision d'engager la réfection de l'édifice ; les travaux se sont déroulés durant le 1er semestre de 1998. Au préalable, une étude architecturale et historique a été menée par le service régional de l'Inventaire. Des spécialistes ont fait le point sur les connaissances archivistiques relatives au bâtiment et se sont livrés à une analyse des matériaux. Depuis les travaux d'Emile Knitterscheid en 1900, aucun historien ne s'était penché sur la vulnérable tour. Les scientifiques ont précisés que la tour datait du XIème ou XIIème siècle mais n'ont pas retenu la thèse d'une base carolingienne. Ils ont mis en évidence les nombreux remaniements intérieurs qu'elle a connu et ont daté les percements.

Des relevés manuels et au théodolite ont permis d'établir des plans de niveau et des coupes exacts. Durant les travaux les archéologues du service régional de l'archéologie ont profité des échafaudages pour  procéder à un calepinage minutieux des pierres.

La restauration a été effectuée dans les règles de l'art sous le contrôle  de l'architecture des bâtiments de France: dégarnissage des joints, lavage par nébulisation d'eau douce sous faible pression, décapage d'anciennes peintures , gommage et nettoyage basse-pression à la microfibre de verre....les joints ont été réalisés à la chaux-grasse...

Tous les soins apportés à sa restauration ont permis de lui redonner son éclat originel mais aussi irrémédiablement de mieux la connaître.   

Textes réadaptés par Christophe BIRAUD

à partir des  publications municipales

"Horizon" et "Mémoire au présent"

Thionville