LE PROJET :

Islande Géophysique OBJECTIFS Roadbook ISLANDE 2000
Carte Logistique Budget Culture


Nos Sentiers imaginaires

TRAVERSEE DU DESERT CENTRAL ISLANDAIS
EN TOTAL AUTONOMIE A LA DECOUVERTE DES VOLCANS
ET DES PAYSAGES DE L'ENTRE DEUX MONDES

Itinéraire Traversée du Sud au Nord par le désert central islandais
Moyen de locomotion Marche à pied de Porsmork à Myvatn, bus et voiture par les Fjord de l'Est et côte Sud
Dates 17 Juillet 2000 au 12 Août soit 4 semaines
Membres 2 personnes, Olivier et Daniel
Objectifs Défi sportif, exploration scientifique, découverte artistique

La traversée Nord-Sud ou Sud-Nord par le rift et en longeant la calotte glaciaire du Vatnajoküll n'est plus proposée par les organismes de voyages, elle a totalement disparu de leurs catalogues. Trop longue, trop dure, autonomie complète, ambiance polaire, il ne reste peut être que quelques "vétérants" qui pourraient en parler.

Monotonie des pistes islandaises, mornes champs de lave couverts d'un épais tapis de mousses argentées, nacrées du Sprengisandur, beauté et sauvagerie stupéfiante du désert de l'Odadahraun. Paysages d'Enfer et champs d'âpreté où transpirent des effluves mortels. Et puis, de la lave, rien que de la lave, toujours et partout. Entendues stériles de cendres volcaniques noires de jais

L'Islande est un immense champ de bataille qui se distend jusqu'aux entrailles, où pourtant ne gît aucun cadavre. Terre où s'affrontent la glace et le feu. L'incroyant sera vite saisi d'angoisse dans ce pays d'Enfer, ne sachant à quoi se raccrocher, se sentant poursuivi par les Horlas, Trolls et Sorcières qui virevoltent et hurlent avec provocation. Ce n'étaient qu'ombres portées et fumerolles couchées par le vent.

Sensation de début ou de fin du monde.

L'Islande est ainsi faite, à longueur de journées lancinantes, le plus souvent sous la pluie et le vent, passées sur les pistes bordées de champs sans vie, immenses étendues de graviers volcaniques où subsistent les lambeaux minuscules du manteau de l'hiver.

"Ici, la nature procède géométriquement
et travaille à la manière humaine,
comme si elle eût manié l'équerre,
le compas et le fil à plomb. "
(Voyage au centre de la terre, Jules Vernes)


L'Islande : vous connaissez ? Retour au sommet

L'islande est une île perdue là haut au beau milieu de l'Atlantique Nord entre 63°35 et 66°30 de latitude Nord et entre 13°30 et 24°30 de longitude Ouest, carressant le cercle polaire exactement sur la ligne de la ride médio-atlantique où les forces telluriques repoussent les continents américains et européens. L'Islande est telle qu'une planète en formation, offrant l'extraordinaire spectacle des forces primitives. Les quatre éléments des alchimistes du Moyen Age : la terre, l'eau, l'air et le feu - si heurtent comme à la naissance de la Terre troisième planète du système solaire.
Elle s'étend sur environ 360 km du Nord au Sud et sur environ 510 km d'Est en Ouest pour une superficie de 102.846 Km² ce qui en fait la deuxième île d'Europe. Seules 1% des terres sont cultivées, 20% sont constituées d'herbages, 2% de lacs, 12% de glaciers, 40% d'étendues sablonneuses, le reste du pays n'est que déserts de laves, cendres et volcans.
On compte 240.000 habitants, ce qui porte à environ 3 habitants au km², sachant qu'un tiers demeure dans la péninsule Sud-Ouest, et plus particulièrement dans Reykjavik la capitale et dans la plaine Sud autour de Selfoss. L'autre partie de la population demeure dans les villes portuaires (Akureyri, Husavik, Isafjördur, Seydisfjödur, Höfn).
Le pays tire essentiellement ses ressources de l'océan pour 75% de son PIB. Les islandais vivent de la pêche, de l'agriculture, de l'élevage (l'île compte plus de 2 millions de moutons en semi liberté). L'industrie est quasiment absente. Les glaciers et volcans fournissent aux habitants l'énergie hydroélectrique et géothermique dont ils ont besoins pour se chauffer, s'éclairer pendant les longs hivers boréals. Les ressources énergétiques sont inépuisables. L'Islande est le pays le plus propres écologiquement parlant, il offre beaucoup à apprendre sur les techniques de pointes qu'il utilise sans dégager pollution.
La population, issue des premiers vikings barbares est considérée aujourd'hui comme l'une des plus pacifiste et cultivée.



Géophysique : quelques explications !Retour au sommet

Le climat islandais Retour au sommet

Par la présence de deux courants marins, l'un froid venant du Groenland et l'autre chaud venant d'un des bras du Gulf Stream, l'Islande jouit d'un climat océanique tempéré, doux en hiver et frais en été. Les masses d'air arides et froides de l'océan Arctique rencontrant les masses brumeuses, humides et chaudes de la zone tropicale des Caraïbes, font de l'île une zone de conflits météorologiques qui provoquent des variations importantes de temps. Les dépressions se forment au large du Groenland et se déplacent vers l'Est en se resserrant sur l'Islande. Les précipitations sont abondantes au sud du grand glacier Vatnajökull. Il y a des précipitations toute l'année. En juillet, il pleut moins cependant le climat reste humide, souvent couvert ou brumeux, mais il y a toutefois de belles journées ensoleillées qui persistent durant ce mois. Les températures sont relativement douces toute l'année, il n'y a pas de grosses amplitudes thermiques entre l'hiver et l'été :
  • minimales Janvier : -5°C / Juillet +10°C,
  • maximales Janvier +5°C / Juillet +20°C.

HydrographieRetour au sommet

Les rivières sont très nombreuses en Islande en raison de l'abondance de précipitations et des glaciers. La rivière la plus longue est Thjorsa dans le Sud et s'étend sur 230km avec un débit de 385m3/s. Les lacs sont nombreux aussi. Le plus grand Thingvallavatn a une superficie de 83km² et une profondeur de 114m. Myvatn, le lac des moustiques (non piquants) a une surface de 38km². Les cascades sont innombrables : Gullfoss (les chutes d'or) tombent d'une hauteur de 32m en trois paliers jusque dans une gorge étroite, Skogarfoss tombe de 60m, Glymur est la plus haute d'Europe avec 198m.
Les glaciers occupent 12% du territoire, soit 11.800km². Ils sont les plus importants d'Europe. Le Vatnajökull est le plus grand avec une superficie de 8300km². Il abrite un volcan en son centre. Les autres glaciers sont : Myrdalsjökull, Langjökull, Holfsjökull, Snaefellsjökull et Drangajökull.

Géologie & volcanologieRetour au sommet

L'Islande est un observatoire volcanologique unique au monde. S'y produisent des phénomènes volcaniques et tectoniques qui d'ordinaire sont cachés aux yeux des hommes par les eaux des océans qui recouvrent ces zones d'activité tellurienne dans les profondeurs abyssales. en effet c'est à la faveur d'une crise volcanique majeure et mondiale, à la fin de l'ère secondaire (-65 millions d'années) que se construisit, coulées après coulées, un énorme plateau basaltique (un Trapp) connu sous le nom de "Province Thuléenne".

L'ouverture de l'Atlantique Nord au Miocène (environ -20 millions d'années) déprima le plateau et le démantela. On en retrouve aujourd'hui des fragments en Ecosse et au Groënland et surtout en Islande. Les fjords de l'Est et de l'Ouest permettent d'observer cette succession de coulées séparées ça et là par d'anciens sols et quelques intercalations sédimentaires. Le rift médio-atlantique s'est imprimé dans le Trapp islandais, écartant sa partie Est de l'Ouest à la vitesse de 1 cm/an en moyenne et effondrant sa partie centrale par de multiples failles. Ce graben médian islandais s'est définitivement individualisé au Pléistocène (entre -1,8 millions d'années et -10 000 ans) et est toujours actif tectoniquement et volcaniquement. A cette activité volcanique directement liée à la tectonique de la ride médio-atlantique s'est surimposé un point chaud rendant la géologie, la tectonique et le magmatisme islandais très complexes.

Cette activité volcanique intense islandaise représente 1/3 des laves des temps historiques émises sur la Terre. Actuellement la construction du Trapp se poursuit en créant de la nouvelle croute océanique, agrandissant ainsi l'île.
On observe aussi des éruptions sous glaciaires qui déposent des quantités invraissemblables de matériaux portant l'empreinte du choc glace-feu et que l'on appelle : formations palagonitiques.
On observe encore en Islande des phénomènes très attrayants, post-éruptifs comme les fumerolles, solfatares, marmittes de boues, sources d'eaux chaudes et geysers.
Il existe encore aujourd'hui d'énormes risques d'éruption. En cela l'Islande est dangereuse. Mais pas d'inquiétude, ces volcans sont très surveillés et des messages d'alerte sont diffusés à la population en cas de risque. Les volcans les plus actifs et plus importants sont :

  • Les strato-volcans Hekla (Gueule de l'Enfer) au Sud, Snaefelsness et Dyngjufjöll,
  • Les volcans boucliers Skjadbrejour,
  • Askja au centre,
  • Les volcans explosifs Hverfjall, Ludent,
  • Le volcan pyroclastites Groenavatn,
  • Les volcans sous-glaciaires Grimsvötn, Kalta,
  • Le volcan fissural Krafla au Nord.
Ces volcans feront partie des explorations menées durant cette expédition, qui nous permettra par ailleurs d'observer tout au long de notre parcours les nombreux phénomènes géothermiques particuliers.


GéothermieRetour au sommet

Il existe plusieurs phénomènes géothermiques en Islande :

  • Les sources d'eau chaude environnées de vapeurs d'eau,
  • Les mares de boues qui sont des eaux boueuses traversées par des gaz chaud qui les agitent,
  • Les solfatares sont des émanations composées de vapeurs d'eau, d'ammoniac, de méthane, d'hydrogène et ou de sulfure d'hydrogène.
  • Les fumerolles sont identiques mais s'y ajoutent les acides chlorhydriques et chlorures.
  • Les Geysers, comme Strokkur (le cracheur) qui projette de l'eau à environs 60 m de hauteur toutes les 20 minutes.

Plus de mille manifestations géothermiques sont recensées en Islande. Les islandais en tirent grand bénéfice pour le chauffage de leurs maisons, pour l'eau courante, pour les stations thermales, et aussi pour le dégèle des voies de circulations à Reykjavik. En pleine nature il existe de nombreuses piscines sauvages chauffées par les volcans. L'eau peut avoir une température variant entre 30 et 100°C, alors un bain dans ces eaux doit se faire avec la plus grande précaution. Les Islandais profitent de ces baignoires naturelles mais en respectant l'environnement. Il ne faut pas utiliser de savons polluant dans ces bassins naturels.


La faune et la floreRetour au sommet

A elle seule, la faune représente une excellente raison de se rendre en Islande. Plus de 70 espèces d'oiseaux sont regroupées sur l'île comme le Fou de Bassan, le Prétel Fulmar, le Macareux Moine, le Guillemot… En revanche, les mammifères sont assez rares. Le renard arctique est le seul habitant du désert, il se nourrit de petits rongeurs. Sur les côtes on peut voir des phoques et d'autres mamifères marins.
L'Islande est une terre glacée et volcanique et donc en raison de ces conditions difficiles imposées par les éléments naturels, sa végétation est réduite. Il n'y a presque pas de forêt, en tous cas pas naturelle. L'intérieur du pays étant montagneux et désertique on ne peut y trouver que des fougères ou des mousses magnifiques. De grandes étendues de pâturages sont visibles aussi mais plus généralement situées sur le littoral.



Objectifs de l'expéditionRetour au sommet

Le projet est axé autour de 4 thèmes :
  1. L'exploit sportif,
  2. L'aventure humaine,
  3. La découverte scientifique,
  4. Faire connaitre par des conférences, un carnet de route et un topoguide.

L'exploit sportifRetour au sommet

L'objectif est de traverser l'Islande du Sud au Nord à pied, en totale automonie, en empruntant les pistes et sentiers, et en 15 jours de marche. Le parcours est estimé entre à 450 kilomètres environs. L'itinéraire et la durée sont susceptibles d'être modifiés selon les conditions météorologiques qui peuvent être épouvantables et contraignantes dans le centre de l'île. Les dénivelés cumulés sont importants et le sol incertain surtout au Sud du pays et dans les secteurs volcaniques.
Partir à la découverte de ce monde minéral n'est pas sans risque ni danger. Ici la nature est hostile et sauvage, agitée par un climat froid et humide, tourmentée par des vents violents, difficile par un relief accidenté et rugueux. La difficulté de l'expédition réside surtout dans ces conditions extrèmes que l'équipe sera amenée à affronter. De plus les distances à parcourir quotidiennement seront longues, en moyenne de 35 à 45 km/jours. Les élements n'épargneront pas le moral, ils tenteront d'émousser la volonté de l'équipe par des pluies, du vent, de la neige, des sols meubles et accidentés et aussi de nombreuses rivières froides à franchir à gué.



L'aventure humaineRetour au sommet

L'effort physique qu'implique une telle entreprise dans les conditions déjà évoquées, force la solidarité du groupe et met en éveil l'écoute et la sensibilité à l'environnement. Le carnet de route figera les émotions et les impressions, les anecdotes et les rencontres.


"La Terre nous en apprend plus sur l'homme que n'importe quel livre,
parce qu'elle nous résiste ; c'est en ce mesurant à l'obstacle
que l'on se découvre à soi-même.
(Antoine de Saint-Exupery, Terre des hommes)



La découverte scientifiqueRetour au sommet

Les principaux systèmes volcaniques, géothermiques, zones de failles seront explorés et feront l'objet de photographies et de dessins techniques didactiques mais aussi artistiques. En effet le strato-volcan Hekla sera exploré. L'équipe fera son ascension jusqu'au sommet à 1490 m. Un camp de base sera établi à quelques kilomètres du pied du volcan au lac de cratère Graenavatn. L'exploration de ce volcan n'est pas sans risque, sa dernière éruption a eu lieu le 27 Février 2000. Le massif rhyolitique de Landmannalaugar sera traversé intégralement. Le désert du Sprengisandur sera franchi entre les deux glaciers les plus importants du pays (Vatnajökull et Hofsjökull). L'équipe passera aux abords du volcan bouclier Trölladyngjà (bouclier des Trolls) et progressera dans le nek de Urdarhals et la langue du Dyngjujökull pour enfin explorer la caldéra du volcan Askja avec son lac d'eau sulfureuse de couleur bleue pâle. L'aventure, la curiosité scientifique, amènera l'équipe plus loin encore à la découverte du volcan fissural Krafla et de sa caldéra qui fut secouée par une éruption en 1984. Plus loin, les sites géothermiques des abords du lac Myvatn feront l'objet d'observations attentives, de notes et de photos.

Quelques prélèvements de sols seront effectués et ramenés pour être présentés lors d'exposés.



Faire connaitreRetour au sommet

Notre objectif final est de rapporter des connaissances autres que celles figurants dans les guides touristiques. Nous ramènerons avec nous nos impressions, nos émotions, nos découvertes, nos rencontres qui seront transcrites dans notre carnet de route tenu au jour le jour et illustré par nos photos et les croquis de vulgarisation de la géologie locale.
Nous souhaitons offrir aux voyageurs une base de renseignements pratiques, une sorte de guide de l'aventure en Islande et non pas un guide touristique classique. Notre topo-guide rapportera notre trajet et ses particularités en tenant compte du temps, des distances, des points d'eau, des campements, des aspects topographiques et des coordonnées de positionnement. Il contiendra une somme de conseils qui résulteront de la réflexion de notre propre expérience.
Nous aurons aussi le plaisir du contact avec la population islandaise. Nous devrons franchir les barrières de culture et de langage essentiellement avec les populations isolées du centre qui pour la plus part ne parlent pas l'anglais. Nous évoquerons comment les islandais vivent dans ce pays de forts contrastes, comment les volcans ont modelé l'imaginaire des hommes du Nord à travers les Sagas, Scaldes du Moyen-Age, récits de voyages, romans et chansons populaires.
Des conférences et des exposés seront présentés au sein d'associations culturelles, écoles ou d'établissements publics et privés intéressés par notre aventure, en conservant un esprit sportif emprunt d'esthétique et de science.

Aussi, notre aventure cherchera à atteindre un plus large public par le biais des médias, presse, magazines, radio... un site Internet sera consacré à l'aventure vécue.



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